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LES JOURS DE TECHOUVA ET DE PARDON
(par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)
Le Rambam a écrit
(Hilkhot Techouva 1, 3) : « Le
fait même de Yom Kippour rachète
les fautes pour ceux qui se repentent,
ainsi qu’il est écrit (Vayikra
16, 30) : « Car en ce jour il
vous sera pardonné ». Il
faut s’étonner. S’il avait été
dit « par ce jour il vous sera
pardonné », on comprendrait
que le fait même de Yom Kippour
rachète les fautes, mais comme
il est dit « en ce jour »,
il s’ensuit que Hachem pardonne à
ceux qui se repentent le jour de Kippour,
alors pourquoi dire que c’est le jour
lui-même qui rachète ?
Il faut également comprendre
le sens du verset « car en ce
jour il vous sera pardonné pour
vous purifier de toutes vos fautes,
devant Hachem purifiez-vous »,
ce qui semble signifier que le jour
rachète avant même qu’il
soit dit « devant Hachem purifiez-vous
». On a l’impression que Hachem
pardonne aux bnei Israël avant
qu’ils se repentent et se purifient
devant Lui. Il aurait fallu écrire
: « En ce jour, purifiez-vous
devant Hachem, et Je vous pardonnerai
pour vous purifier de toutes vos fautes
». Les Sages ont dit (Yoma 81b)
: « Vous mortifierez vos âmes
le neuf » (Vayikra 23, 32) – est-ce
donc le neuf que l’on jeûne ?
C’est le dix ! Mais cela vient nous
enseigner que celui qui mange et boit
le neuf, l’Ecriture le lui compte comme
s’il avait jeûné le neuf
et le dix. J’ai entendu poser la question
suivante : pourquoi les Sages ont-ils
dit que c’est comme si l’on avait jeûné
le neuf et le dix, puisque le dix c’est
un ordre de la Torah ? S’ils ont voulu
dire que celui qui mange le neuf, c’est
comme s’il avait jeûné
le neuf, qu’ils disent : celui qui mange
et boit le neuf, l’Ecriture le lui compte
comme s’il avait jeûné
le neuf, puisque le dix de toutes façons
il jeûne certainement !
On peut l’expliquer
à la lumière des versets
(Hochéa 14, 2-3) : « Reviens,
Israël, jusqu’à Hachem ton
D., car tu as trébuché
par ton péché, prenez
avec vous des paroles et revenez vers
Hachem. » Pourquoi dire d’abord
« jusqu’à Hachem »
et ensuite « vers Hachem »
? Et pourquoi dire « Prenez avec
vous des paroles ? » Il faut l’expliquer
par ce qu’ont dit nos Sages (Sifri Devarim
206) : « Ces paroles ne sont autres
que des paroles de Torah, ainsi qu’il
est écrit (Devarim 5, 18) : «
Hachem a dit ces paroles à toute
votre communauté », enseignement
selon lequel bien que l’homme se soit
repenti de ses mauvaises actions, sa
techouva ne s’appelle pas encore une
techouva jusqu’à ce qu’il commence
à étudier la Torah et
à ne pas retomber dans ses fautes,
deux choses qui dépendent l’une
de l’autre, car s’il étudie sans
se repentir de ses fautes, il mourra
sans techouva, et s’il se repent sans
étudier la Torah, il finira par
retourner à ses fautes, parce
qu’il n’y a rien d’aussi puissant contre
le péché que les paroles
de la Torah. C’est pourquoi le prophète
a dit en quoi consiste la mitsva de
techouva, le pécheur doit d’abord
quitter sa faute et pleurer sur ses
péchés, et c’est : «
Reviens, Israël, jusqu’à
Hachem », jusqu’à mais
pas au point de L’atteindre, car la
techouva n’est pas complète.
Quand arrive-t-on jusqu’à D.
et que la techouva est complète
? Quand on prend avec soi des paroles,
qui sont les paroles de la Torah. A
ce moment-là on revient vers
Hachem, car on est certain de ne jamais
retourner à la faute puisqu’on
étudie la Torah, et qu’elle est
un bouclier contre le mauvais penchant.
Le roi David dit également (Téhilim
34, 15) : « Détourne-toi
du mal et fais le bien », détourne-toi
du mal d’abord et ensuite fais le bien.
L’essentiel de la techouva est donc
l’étude de la Torah, car celui
qui se repent sans étudier peut
transgresser beaucoup de principes essentiels
de la Torah sans s’en apercevoir, puisqu’il
n’étudie pas. Il faut donc étudier
immédiatement après s’être
repenti, pour savoir ce qui est permis
ou interdit. Nous trouvons à
ce propos dans le Choul’han Aroukh (Rema
Orah ‘Haïm 624, 5) : ceux qui sont
pointilleux commencent à fabriquer
la souka immédiatement après
la fin de Yom Kippour, pour aller d’une
mitsva à une autre mitsva. Comme
ils se sont repentis et ont regretté
leurs fautes à Yom Kippour, ils
s’occupent immédiatement de Torah
et de mitsvot pour ne plus retomber
dans la faute. C’est pourquoi il n’est
pas dit « ce jour rachète
les fautes » mais « en ce
jour il vous sera pardonné »,
car se peut-il que comme le jour même
de Kippour rachète les fautes
même pour celui qui n’étudie
pas après Yom Kippour, sa techouva
est acceptée ? C’est pourquoi
il est dit « car en ce jour il
vous sera pardonné », le
jour rachète celui qui veut être
racheté et ne rachète
pas celui qui ne veut pas être
racheté. Pour ne pas risquer
qu’on comprenne « ce jour rachète
», bien qu’on n’ait pris aucun
résolution, il est dit «
car en ce jour il vous sera pardonné
».
Et bien que nos Sages
aient enseigné (Chevouot 13a)
au nom de Rabbi : « Sur toutes
les fautes contre la Torah, qu’on ait
fait techouva ou non, Yom Kippour rachète
», la réponse est que la
techouva est une chose et le rachat
en est une autre. La techouva consiste
à regretter ses fautes, le rachat
est un effacement des actes par Hachem,
et c’est ce qu’explique Rachi (Béréchit
32, 21) : « Il me semble que tout
rachat cité à proximité
d’une faute, d’un péché
ou autre chose de ce genre consiste
à essuyer et faire passer, que
ce soit en araméen ou dans le
langage de l’Ecriture, où les
écuelles d’or sont appelées
« kippourei zahav » (Ezra
1, 10) parce que le cohen les utilise
pour s’essuyer les mains sur les rebords
de l’écuelle. »
Hachem ne rachète
pas et n’efface pas la faute avant que
l’homme lui-même ne manifeste
son désire de l’effacer. Quand
Yom Kippour est passé et que
l’homme commence à étudier
la Torah, à pratiquer les mitsvot
et à se séparer de la
faute, alors on sait qu’il veut effacer
toutes les fautes qu’il a commises,
et Hachem les efface. C’est pourquoi
il est dit « car en ce jour il
sera pardonné », non que
le jour lui-même pardonne mais
il sera pardonné. La Torah a
dit : En ce jour, pensez au fait que
dans l’avenir, Hachem vous rachètera,
demain, quand vous étudierez
la Torah et que vous abandonnerez vos
fautes. Si vous vous conduisez ainsi
Il accomplit ce qui est écrit
dans la Torah : « pour vous purifier
de toutes vos fautes, devant Hachem
purifiez-vous », mais Je ne le
ferai pas avant que vous n’abandonniez
la faute pour étudier la Torah,
que vous ne vous contentiez pas du repentir.
Votre repentir n’a aucune consistance
avant qu’arrive le lendemain de Yom
Kippour et que vous commenciez à
accomplir ce que vous avez pris sur
vous. Les ba’alei moussar disaient que
Yom Kippour ne commence qu’après
Yom Kippour.
GARDE TA LANGUE
On ne peut pas lui
faire confiance
Le mauvais penchant,
qui veut que l’homme accepte le lachon
hara, vient l’inciter en disant : Comment
pourrais-je soupçonner que la
personne qui m’a raconté cela
puisse dire quelque chose qui est essentiellement
un mensonge, ou ajoute un peu de mensonge
en transgressant « éloigne-toi
de tout mensonge » ? Réponds-lui
toi aussi : il vaut mieux pour moi soupçonner
cette personne qui m’a raconté
d’avoir dit un mensonge sur autrui que
de croire ce qu’elle m’a dit. Car si
tu avais vu un homme qui porte du chatnez
et coupe les coins de ses cheveux et
de sa barbe, et qui vienne ensuite te
raconter sur l’un de tes amis qu’il
a dit sur toi quelque chose de mal,
tu ne croirais certainement pas que
c’est vrai, et tu lui répondrais
: laisse-moi tranquille, je ne te crois
pas quand tu parles de mon ami. Comme
tu négliges d’autres interdictions
de la Torah, tu ne t’arrêtes certainement
pas à l’interdiction du mensonge.
Or cette personne qui a raconté,
même si elle a dit la vérité,
a transgressé l’interdiction
de la Torah : « ne propage pas
de médisance », qui est
extrêmement grave, par conséquent
elle est également suspecte de
pouvoir inventer quelque chose qui n’est
pas vrai, ou tout au moins de mêler
à l’histoire un peu de mensonge,
et de cette façon modifier totalement
la chose.
(Chemirat HaLachone
Cha’ar HaZekhira, ch. 12)
A PROPOS DE LA PARACHA
Et maintenant, écrivez
pour vous ce chant
La mitsva d’écrire
un séfer Torah est destinée
à ce qu’on étudie dedans,
ainsi qu’il est dit : « Et maintenant,
écrivez pour vous ce chant et
enseigne-le aux bnei Israël, mets-le
dans leur bouche ». C’est pour
cela que la Torah a été
donnée à Israël,
pour apprendre dedans (Roch, Hilkhot
Sefer Torah, Responsa Noda Biyhouda).
L’étude dans le séfer
Torah a une grande sainteté et
celui qui lit dans un séfer manuscrit
en sainteté n’est pas semblable
à celui qui lit dans des livres
imprimés (Le Rav Falaji, Yaffé
LaLev). Bien que l’écriture ne
soit qu’un moyen pour étudier
la Torah, elle est considérée
comme une mitsva en soi, à l’inverse
d’autres mitsvot dont l’essentiel est
de les accomplir et dont la préparation
n’est pas considérée comme
une mitsva, et pourquoi ? Pour que la
Torah soit disponible et accessible
pour chacun des bnei Israël de
façon à ce qu’il puisse
lire dedans constamment, et n’ait pas
besoin d’aller chez quelqu’un d’autre
pour obtenir ce livre d’étude.
Ainsi, quand la possibilité d’étudier
sera à portée de la main,
on apprendra à craindre Hachem,
et on connaîtra parfaitement les
mitsvot plus précieuses que l’or.
C’est pourquoi même
celui à qui ses ancêtres
ont légué un séfer
écrit a une mitsva d’écrire
pour lui-même un nouveau séfer
Torah, afin qu’il y ait une quantité
de ces livres et qu’on puisse les prêter
à celui qui n’a pas les moyens
d’acheter lui-même un séfer
Torah. De cette façon, beaucoup
de gens pourront se plonger dans l’étude
de la Torah et la connaissance s’étendra.
De plus, par l’écriture
d’un séfer Torah pour chacun,
on pourra étudier dans des livres
neufs, ce qui donné un agrément
à l’étude, et on n’aura
pas besoin de s’efforcer d’étudier
dans des livres transmis par les générations
précédentes, si vieux
que la lecture risque de fatiguer celui
qui étudie, car l’âme s’émerveille
et l’esprit s’élargit du fait
d’étudier dans un séfer
beau et agréable. La joie de
l’âme et le plaisir qui accompagne
la lecture dans un beau séfer
sont positifs pour l’étude, à
la façon dont l’âme insuffle
une vie nouvelle au corps.
(Séfer ha’Hinoukh,
et aussi Introduction aux Responsa de
Rabbi Akiva Eiger)
LES RAISONS DES MITSVOT
La mitsva de Hakhel
Rassemble (hakhel)
le peuple, les hommes, les femmes et
les enfants, et l’étranger qui
est dans tes portes, pour qu’ils écoutent,
qu’ils étudient et voient Hachem
leur D., et pratiquent toutes les paroles
de cette Torah (31, 12).
La Guemara dit :
« Les hommes viennent pour étudier,
les femmes viennent pour écouter,
mais les enfants, pourquoi viennent-ils
? Pour qu’on donne une récompense
à ceux qui les amènent
» (‘Haguiga 3a). Le gaon Rabbi
Yitz’hak Hutner zatsal explique ainsi
la raison de la mitsva de Hakhel : Celui
qui observe ce que dit le Rambam dans
les lois de Hakhel y trouve que la raison
de cette mitsva est un retour au don
de la Torah au Sinaï. Il écrit
: « On doit préparer son
cœur et faire entendre à ses
oreilles, écouter avec crainte
et se réjouir avec tremblement,
comme le jour où elle a été
donnée au Sinaï… qu’on se
considère soi-même comme
le jour où on l’a reçue,
et qu’on l’a entendue de Hachem »
(Hilkhot ‘Haguiga ch. 3 Halakha 6).
La mitsva de Hakhel telle qu’elle a
été accomplie à
l’époque d’Ezra est une sorte
de don de la Torah au Sinaï. On
comprend désormais pourquoi il
y a un devoir particulier d’amener les
enfants, parce que de cette façon
cela ressemble au don de la Torah au
Sinaï, auquel les enfants aussi
ont pris part. C’est pourquoi la récompense
est justement pour « ceux qui
les amènent », car le fait
d’amener les enfants complète
la perfection de la mitsva, en créant
une situation qui ressemble au don de
la Torah au Sinaï. On comprend
aussi de cette façon ce que dit
le Rambam : « Et c’est le roi
qui lira pour leurs oreilles… à
partir de quoi lit-il ? Depuis le début
du livre de Devarim jusqu’à la
fin du passage du Chema, en sautant
« Véhaya im chamoa »,
et il lit à partir de «
asser teasser » dans l’ordre jusqu’à
la fin des bénédictions
et des malédictions, jusqu’à
« en plus de l’alliance qu’Il
a conclue avec eux au ‘Horev »,
et il s’arrête (ch. 3 des Hilkhot
‘Haguiga, halakha 3). Les mots «
et il s’arrête », par lesquels
il termine, n’ont apparemment aucun
sens, puisqu’il a déjà
énuméré tous les
passages que le roi doit lire, il est
donc évident que tout ce qui
ne rentre pas dedans n’est pas lu, alors
pourquoi le Rambam éprouve-t-il
le besoin de préciser : Et il
s’arrête ?
Mais comme la lecture
se termine par le verset « l’alliance
qu’Il a conclue avec eux au ‘Horev »,
le Rambam précise « et
il s’arrête », pour nous
faire entendre qu’il y a à cet
arrêt une signification particulière,
et que si le roi continuait à
lire, il abîmerait l’intention
de toute la mitsva. Car c’est précisément
par la fin de la lecture avec le verset
qui traite du don de la Torah au Sinaï,
que le but est mis en valeur, il doit
servir d’exemple du don de la Torah
au Sinaï.
HISTOIRE VECUE
Prendre ce livre
de la Torah
Le livre «
‘Hayé Adam » raconte :
un certain grand homme mourut, et on
entendit au Tribunal céleste
une voix très bruyante : «
Faites place à un tsadik qui
vient de mourir. » On le reçut
avec de grands honneurs, on lui mit
un séfer Torah dans les bras
et on lui demanda : « as-tu observé
ce qui est écrit là-dedans
? » Il répondit : Oui.
« As-tu accompli la première
mitsva, qui est celle d’avoir des enfants
pour l’amour du Ciel ? » Il répondit
: Oui. On lui dit : « Qui en témoigne
pour toi ? » Arrivèrent
les anges qui avaient été
créés par les mitsvot
qu’il avait faites, innombrables, et
elles témoignèrent pour
lui. L’un disait : « j’ai été
créé par telle mitsva
», et l’autre disait : «
j’ai été créé
par telle mitsva. » Ensuite, on
amena devant lui les Arba Tourim et
on lui demanda : « as-tu accompli
la Torah orale ? » Il répondit
: Oui. « Qui témoigne pour
toi ? » Les anges arrivèrent
de la même façon. Ensuite,
on lui demanda : « As-tu fait
attention à éviter de
prononcer le Nom de D. en vain ? »
Et il se tut. On le lui demanda à
nouveau, il se tut et ne dit rien. On
demanda des témoignages, et des
légions d’anges revêtus
de noir vinrent témoigner. L’un
dit : « j’ai été
créé tel jour, quand il
a prononcé tel et tel Nom sans
intention. » L’autre en dit autant.
Tout le tribunal céleste déchira
son vêtement, et moi aussi je
l’ai déchiré. Ils dirent
: « Goutte putride, comment n’as-tu
pas craint etc. » Le verdict fut
soit d’aller au Guéhénom
soit de revenir en réincarnation.
Il choisit le Guéhénom.
Le ‘Hayé Adam termine en disant
: comment l’homme ne ferait-il pas attention
à prononcer le Nom de D. avec
crainte et concentration du cœur ?
LES ACTES DES GRANDS
La Torah sur un seul
pied
Quelqu’un vint trouver
Rabbi Akiva et lui dit : Rabbi, enseignez-moi
toute la Torah entière. Il lui
dit : Mon fils, si Moché notre
maître a passé quarante
jours et quarante nuits sur la montagne
pour l’apprendre, comment peux-tu dire
: apprends-moi toute la Torah entière
d’un seul coup ? Il lui dit : Mon fils,
je vais t’apprendre un principe de la
Torah : Ce que tu détestes qu’on
te fasse, ne le fais pas à autrui.
Si tu veux que personne n’abîme
ce qui est à toi, toi non plus,
n’abîme rien. Si tu veux que personne
ne prenne ce qui est à toi, toi
non plus ne prends pas ce qui est à
l’autre. Il alla trouver ses amis, et
ils trouvèrent un champ rempli
d’épis. L’un prit deux épis,
l’autre deux épis, et lui ne
prit rien ; ils trouvèrent un
autre champ rempli de choux-fleurs,
l’un prit deux choux, l’autre prit deux
choux, et lui ne prit rien. On lui dit
: Pourquoi ne prends-tu rien ? Il répondit
: C’est ce que m’a enseigné Rabbi
Akiva, ce que tu détestes qu’on
te fasse, ne le fais pas à autrui.
Si tu veux que personne n’abîme
ce qui est à toi, toi non plus
n’abîme rien. Si tu veux que personne
ne prenne ce qui est à toi, ne
prends pas non plus ce qui est à
l’autre.
Hillel l’Ancien se
tenait à la porte de Jérusalem,
et les gens sortaient à leurs
activités. Il leur disait : «
Combien gagnez-vous par jour ? »
L’un disait un dinar, l’autre deux dinars.
Il leur disait : « Qu’est-ce que
vous faites avec cet argent ? »
Ils répondaient : « Cela
nous permet de vivre en ce monde. »
Il leur disait : « Pourquoi ne
venez-vous pas étudier la Torah,
vous hériterez de la vie de ce
monde-ci et de la vie du monde à
venir. » Hillel fit cela toute
sa vie, jusqu’à ce qu’il les
fasse rentrer sous l’aile divine.
(Avot DeRabbi Nathan)
A LA LUMIERE DE LA
PARACHAH
Extrait de l’enseignement
du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania
Pinto chelita
Le jour du jugement
Dans le moussaf de
Roch Hachana et Yom Kippour, Rabbi Amnon
de Mayence a introduit « les anges
se hâteront et seront saisis par
la crainte et le tremblement du jour
du jugement, où l’armée
céleste est jugée. »
Il faut comprendre : les hommes craignent
le jour du jugement, parce qu’ils ont
fauté et ne savent pas s’ils
seront déclarés innocents
ou non. Mais pourquoi les anges du service
craignent-ils et tremblent-ils du jour
du jugement, alors qu’ils ne commettent
aucune faute ? Nos Sages ont dit (Sota
3b) : « Quiconque fait une seule
mitsva en ce monde, elle le précède
et marche devant lui dans le monde à
venir, ainsi qu’il est dit (Yéchaya
58, 8) : « Ta droiture marchera
devant toi », et quiconque commet
une seule faute en ce monde-ci, elle
l’enveloppe et marche devant lui au
jour du jugement, ainsi qu’il est dit
(Iyov 6, 18) : « A cause d'eux,
les caravanes se détournent de
leur route, s'enfoncent dans le désert
et y périssent » ».
Le Zohar enseigne : Si l’homme a accompli
une mitsva en ce monde-ci, il a créé
par là un ange qui le défend
dans le monde à venir, et qui
prendra son parti dans l’avenir, ainsi
qu’il est dit (Iyov 33, 23) : «
S'il est alors un ange qui intercède
pour lui, un seul entre mille, qui révèle
à l'homme son devoir ».
S’il a commis une faute en ce monde-ci,
il a créé par là
un mauvais ange qui l’accusera dans
l’avenir au jour du jugement.
Les Sages ont encore
dit (Yoma 20a) : le mot « HaSatan
» a la valeur numérique
de trois cents soixante-quatre, ce qui
correspond à trois cents soixante-quatre
jours où le Satan a le droit
d’accuser, à l’exception de Yom
Kippour où il n’en a pas le droit.
Mais bien qu’il n’accuse pas ce jour-là,
tous ces anges destructeurs qui ont
été créés
par les fautes commises par l’homme
sont encore là et accusent. Que
fait Hachem ? Il met en ces anges-là
une grande crainte, et ils ont tellement
peur qu’ils ne peuvent pas ouvrir la
bouche pour accuser. C’est de ces anges-là
que parle Rabbi Amnon, tout à
coup la peur les saisit et ils ne peuvent
pas accuser les bnei Israël.
A LA SOURCE
Le devoir de protéger
la Torah
Prends des forces
et du courage, car tu conduiras ce peuple
vers le pays (31, 7).
Le gaon Rabbi Yé’hezkel
Abramsky, qui était président
du Va’ad HaYéchivot en Erets
Israël, fut invité devant
une commission d’Etat qui traitait de
l’exemption de l’armée pour les
élèves des yéchivot.
Pendant les débats, l’un des
ministres se tourna vers lui avec étonnement
: « Ne pensez-vous pas que le
devoir de défendre l’Etat vient
avant la protection de la Torah ? »
Le Rav Abramsky s’exclama
: Ce que Hachem a dit à Yéhochoua,
le premier qui a conquis le pays, prouve
le contraire. Car Il a donné
deux ordres à Yéhochoua
avant qu’il rentre dans le pays, l’un
est de conquérir le pays, et
l’autre de protéger la Torah.
Sur le premier, il est dit « Prends
des forces et du courage car tu conduiras
ce peuple vers le pays » (Yéhochoua
1, 6), alors que sur le deuxième
il est dit « Seulement prends
« beaucoup » de force et
de courage pour protéger et accomplir
toute cette Torah » (1, 7). Dans
la deuxième injonction le mot
« beaucoup » est ajouté,
pour nous enseigner que le devoir de
protéger la Torah est primordial
!
La tribu de Lévi
– protège la Torah.
Moché écrivit
cette Torah et la donna aux cohanim
fils de Lévi, qui portaient l’Arche
de l’alliance de Hachem (31, 9
A la fin de la parachat
Ki Tavo (29, 3), Rachi dit que les bnei
Israël se plaignaient de ce que
Moché avait donné la Torah
justement aux enfants de Lévi,
sa tribu. Ils craignaient qu’un jour
ils ne disent : « elle ne vous
a pas été donnée,
c’est à nous qu’elle a été
donnée ». Apparemment,
quelle est effectivement la raison pour
laquelle elle leur a été
donnée justement à eux
? Il est également difficile
de comprendre ce que signifie «
qui portaient l’Arche de l’alliance
de Hachem ». Le gaon Rabbi Arié
Zéev Gurwitz zatsal, le Roch
Yéchivah de Gateshead, explique
pourquoi les Sages ont rappelé
que Kora’h faisait partie de ceux qui
portaient l’Arche. Kora’h estimait que
Moché faisait porter aux bnei
Israël au-delà de leurs
forces. Par conséquent on pouvait
lui objecter qu’il faisait partie de
ceux qui portaient l’Arche, et qu’il
savait que l’Arche porte ceux qui la
portent, donc comment pouvait-il prétendre
que les mitsvot de la Torah représentent
un poids pour le peuple d’Israël
? Ce n’était pas eux qui portaient
la Torah mais la Torah qui les portait
!
C’est la raison pour
laquelle Moché a remis la Torah
justement à la tribu de Lévi,
car comme ils « portaient l’Arche
de l’alliance de Hachem », ils
connaissaient cette qualité que
l’Arche porte ceux qui la portent, ils
savaient par-dessus tout la protéger
à tout prix. Moché savait
que le peuple d’Israël devrait
porter la Torah et la protéger
même à des époques
difficiles de décrets d’annihilation
et de persécutions, c’est pourquoi
il a compris que les enfants de Lévi
étaient ceux qui convenaient
le mieux pour la protéger en
tout temps.
Pourquoi les enfants
sont-ils venus ?
« Rassemble
le peuple, hommes, femmes et enfants
et l’étranger qui se trouve dans
tes portes, pour qu’ils écoutent,
qu’ils apprennent et craignent Hachem
leur D. et veillent à observer
toutes les paroles de cette Torah (31,
12).
Il est dit dans la
Guemara « les hommes sont venus
pour étudier, les femmes pour
écouter, mais les enfants, pourquoi
sont-ils venus ? Pour donner une récompense
à ceux qui les amènent
» (‘Haguiga 3a). Beaucoup se sont
étonnés de cela. De deux
choses l’une : s’il y a une utilité
pour les enfants eux-mêmes, il
n’y a pas besoin d’autres raisons, et
s’il n’y a aucune utilité, pourquoi
donner une récompense à
ceux qui les amènent ? Est-ce
qu’on reçoit une récompense
simplement pour avoir apporté
une charge ? Le gaon auteur de «
Netivot HaMichpat » a écrit
qu’il y a évidemment une raison
à cette mitsva, mais comme pour
beaucoup d’autres mitsvot de la Torah,
nous ne la connaissons pas. Toute la
question que pose la Guemara était
pourquoi il faut donner l’ordre pour
les enfants, puisque comme tous les
hommes et les femmes montent à
Jérusalem, il est évident
qu’ils ne vont pas laisser les enfants
à la maison, et qu’ils les prendront
avec eux de toutes façons. La
Guemara répond que c’est pour
cela que la Torah a ordonné spécialement
d’amener les enfants, pour que le fait
de les amener soit considéré
comme une mitsva, et qu’ils en reçoivent
une récompense.
(Na’halat Ya'akov)
Une peur continuelle
Ils apprendront à
craindre Hachem leur D. tous les jours
(31, 13)
Rabbi Avraham Dov
Kahana Shapira, auteur de « Devar
Avraham », explique que tout être
vivant, même le plus simple, fait
attention à se garder de ce qui
lui est nuisible. Comment cela ? Il
a en lui un sens naturel qui s’appelle
« instinct » et qui le pousse
à se défendre et à
protéger sa vie. L’homme a également
cette force de se défendre, qui
est la crainte. Lorsqu’il se garde de
la faute, fait toujours des barrières
à ses barrières, et observe
tout le temps ses voies, la prudence
devient chez lui un sentiment naturel,
il ressent la présence du mal
et s’en écarte. Alors que celui
qui n’a pas de crainte du Ciel tombe
facilement dans les pièges du
mauvais penchant, car on peut facilement
l’atteindre s’il n’a pas cette force
naturelle de protection de sa vie.
C’est ce que dit
le verset : « craindre Hachem
leur D. tous les jours », la crainte
de Hachem n’est pas seulement une seule
fois, elle enracine en l’homme une prudence
naturelle de ressentir le mal, et de
s’écarter des pièges de
mort cachés à ses yeux,
« tous les jours ».
(Peninim MiChoul’han
Gavoha)
TES YEUX VERRONT
TES MAITRES
LE CHA’AGAT ARIE
Avant d’être
nommé Rav de la ville de Metz,
le Cha’agat Arié était
Rav de Volojine et gagnait un salaire
misérable. Sa pauvreté
en arriva au point où sa femme
dut travailler comme aide boulangère
pour pétrir la pâte, en
gagnant quelques sous, et le Cha’agat
Arié lui-même n’avait qu’un
seul costume qu’il portait en semaine
et le Chabat. Il quitta Volojine à
cause de sa pauvreté, car la
ville n’avaient pas de quoi ajouter
à son salaire même la moitié
d’une pièce d’or, et il erra
dans diverses provinces et villes jusqu’à
être nommé Rav de Metz.
A Metz, on avait la coutume que le Rav
qui arrivait invite chez lui les notables
de la ville et ses sages pour boire
un café. On avait coutume que
le jour précédant l’invitation
du Rav, on apportait chez lui pour le
remettre à la Rabbanit tout ce
qui était nécessaire à
l’honneur des invités : du café,
du lait, du sucre, et tous les ustensiles
nécessaires. La Rabbanit dirigeait
le tout pour que tout soit prêt
comme il convenait.
Quand les notables
de la ville arrivèrent chez le
Cha’agat Arié et que la Rabbanit
leur présenta du café
à boire, chacun sentit qu’il
n’y avait pas de sucre dans le café,
mais tant qu’ils étaient assis,
chacun pensa qu’il manquait du sucre
par erreur uniquement dans son verre,
que le café des autres était
sucré, et qu’il ne valait pas
la peine d’y faire attention.
Mais quelle fut la
stupéfaction de tous de voir
qu’après le café, quand
on enleva de la table les tasses vides,
la Rabbanit servit tout à coup
sur la table une assiette pleine de
sucre !
Il s’avéra
qu’elle ne savait pas du tout qu’il
y avait un rapport entre le sucre et
le café. Elle avait cru que c’étaient
deux plats, et que le sucrier devait
avoir en soi une place d’honneur. Quand
elle apprit son erreur, elle s’excusa,
car à Volojine elle n’avait jamais
vu ni café ni sucre, ni mélangés
ni séparés.
(Makor Baroukh)
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